| Nous avons souvent des demandes d'interventions sur les violences conjugales auprès de publics divers. Jusqu'ici nous n'acceptions d'intervenir que par le biais de sensibilisations, dans la mesure où nous n'avions pas de formation construite. Depuis cette fin d'année 2004, une éducatrice a eu un aménagement de son temps de travail de manière à réfléchir à une méthodologie d'interventions et à la création d'outils pédagogiques en vue de proposer des formations aux professionnels susceptibles d'être en rapport avec des personnes victimes de violences conjugales et/ou familiales.
Tout le travail de sensibilisation et formation s'articule autour du fait que la violence conjugale est une problématique bien spécifique qui renvoie les professionnels à une certaine impuissance, tant au niveau de la femme qu'au niveau des solutions à proposer.
Les femmes, qui ont subi des violences, viennent nous rencontrer à différents moments de leur parcours. Nous pouvons donc les conseiller en fonction de ces étapes.
A elles de se ressaisir des propositions qui leur sont faites, ce qu'elles ne peuvent pas toujours. Il est parfois difficile en tant que professionnel de constater que la femme ne réagit pas aussi rapidement que cela nous semble nécessaire. De plus, nous sommes tous confrontés au manque de solutions concrètes à proposer aux personnes et cela peut être particulièrement angoissant.
Les interventions ont pour but de comprendre le phénomène de manière à maîtriser un peu plus les réponses que l'on peut donner. Pour l'année 2004, nous sommes intervenues auprès de 2 groupes d'étudiants aides-soignants à l'Ecole Sociale du Sud-Est, suite à des exposés qu'ils avaient faits sur les violences conjugales. Les échanges ont été très riches, allant de la confrontation des représentations à la réalité des faits.
Nous sommes également intervenues auprès des policiers du commissariat de Vénissieux. Pour les femmes victimes de violences, l'étape qui consiste à aller porter plainte est vécue comme difficile, l'accueil qui leur est alors réservé est donc primordial. A la suite de notre intervention, nous avons pu constater une nette amélioration de l'accueil reçu, rapporté par les propos des femmes qui avaient dû se rendre au commissariat.
Nous aimerions poursuivre ce travail auprès d'autres policiers ou gendarmes car porter plainte est une étape particulièrement importante pour les femmes dans leur parcours de reconnaissance en tant que victime de violences conjugales. Pour l'année 2005, nous avons des demandes de formations des personnels de Cours d'Appel, de l'Ecole Sociale du Sud-Est, de services d'accueil municipaux et nous serons en mesure de faire des propositions à un public plus large.
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